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         Avant d’aborder l’attitude à avoir en face d’un chien inconnu, il convient de reconnaître les mimiques de menace émises par le chien afin de pouvoir agir en conséquence. Bien que la sélection artificielle exercée par l’homme ait modifié certaines caractéristiques physiques et comportementales et rendu ainsi les signaux moins clairs, la règle de base est d’observer l’attitude générale du chien pour appréhender sa motivation en tenant compte de tous les paramètres, pour autant que l’on sache les interpréter correctement. 

         Il est, par exemple, complètement erroné d’affirmer, ce que l’on entend souvent dire, que le fait de remuer la queue est le signe que le chien est d’humeur joyeuse et amicale : remuer la queue pour un chien signifie simplement qu’il est excité. Pour connaître son humeur réelle en se basant simplement sur cet appendice, il faudrait prendre en considération la hauteur à laquelle il est tenu, son amplitude, ainsi que sa position au repos, tâche très ardue si l’on sait que cette position varie grandement en fonction des races. 

         En règle générale, un chien sûr de lui et prêt à défendre ce qu’il considère comme son droit tente de se faire le plus grand possible : corps raide, poils hérissés, queue en position plutôt haute, oreilles pointées vers l’avant, babines retroussées, regard fixe. Le tout peut être accompagné d’aboiements et de grognements. Un chien peu sûr, mais pouvant néanmoins attaquer dans certaines circonstances, notamment s’il se trouve acculé, prend l’attitude inverse : corps ramassé, pattes fléchies, oreilles tournées vers l’arrière, queue en position basse, souvent plaquée sur ou entre les pattes arrières ou repliée sous le ventre, regard détourné. Bien entendu, cette catégorisation est grossière car l’animal est très souvent partagé entre deux motivations, par exemple, la peur et l’agressivité. Contrairement à ce que l’on pense souvent, un chien qui mord n’est pas toujours un chien dominant, non peureux ou vicieux. Un chien de caractère timide qui se sent menacé est tout à fait capable de faire usage de ses crocs et peut provoquer parfois des blessures très graves. 

         Si le chien s’approche de lui-même mais semble présenter des signes de menace, il convient de rester le plus calme possible et de se laisser renifler. Dans la plupart des cas, il va se contenter de prendre des informations à votre sujet (cela fait partie du rituel de salutation canine et peut être comparé à notre poignée de main). Ne le caressez en tout cas jamais dans la région de la tête et du dos car cela peut être ressenti comme un geste dominant (rappelant le geste du dominant qui pose sa passe ou sa tête sur le cou ou le dos de son congénère) et un chien de fort tempérament risque de ne pas apprécier une telle privauté. Des caresses sur le poitrail sont nettement plus indiquées. 

         Il est impératif de se rappeler que les gestes brusques, les cris, les gesticulations incoordonnées risquent de provoquer des morsures. Il vaut mieux mettre les mains dans les poches pour éviter les mouvements inconsidérés (80 % des morsures ont en effet lieu aux extrémités). Partir en courant est une très mauvaise idée, car, dans une grande majorité des cas, cela déclenche une poursuite et peut stimuler l’instinct de chasse. 

         Si, de par votre profession, vous devez pénétrer en l’absence de ses maîtres dans une propriété dans laquelle se trouve un chien, il est préférable d’avertir le chien de votre venue en sonnant au portail. Si son attitude est menaçante, mieux vaut renoncer et avertir ses propriétaires de votre passage afin qu’ils prennent les dispositions adéquates. Quelques fois cependant, le chien ne se manifeste pas tout de suite, mais apparaît brusquement alors que l’humain se trouve déjà dans la propriété ou dans la maison. Que faire ? Nous pouvons distinguer grossièrement deux situations :

-         Le chien accule l’humain en grognant, tous crocs dehors. Il est alors préférable de simuler l’attitude d’un chien dominé, attitude qui, il est utile de se le rappeler dans ces cas-là, inhibe l’agressivité de l’agresseur : diminuer sa taille en s’accroupissant, regarder dans la direction du chien mais un peu derrière lui et surtout, ne jamais le fixer dans les yeux. En cas d’attaque, se protéger le visage de ses mains et en cas de morsure, ne jamais essayer de retirer le membre mordu de la gueule du chien, cela ne ferait que l’inciter à resserrer ses mâchoires avec encore plus de force. En réagissant de cette manière, les dégâts seront grandement limités. Se retirer le plus lentement possible, sans montrer de signes d’énervement, parler au chien d’une voix douce peut le calmer… Si cela vous défoule, vous pouvez d’ailleurs le traiter de tous les noms, pourvu que votre voix reste douce, il n’y verra que du feu… 

Dans certains cas, surtout si la personne est très sûre d’elle, donner l’ordre au chien de s’asseoir quand il se trouve en face d’elle peut faire des miracles. Cependant, vu l’effet Pygmalion, il est peu probable que le chien obéisse aux ordres s’ils sont émis avec des tremblements dans la voix et de nombreux micro signaux indiquant la peur. 

-         Le chien est peu sûr de lui mais considère l’intrus comme une menace : dans la majorité des cas, il ne l’affrontera pas de face, mais attendra qu’il ait le dos tourné pour lui attraper les mollets. Dans ce cas, il convient à nouveau de garder son calme, de se tourner pour faire face au chien en regardant dans sa direction, mais sans le fixer et de quitter la propriété en reculant. 

Si vous êtes poursuivi alors que vous faites du jogging ou du vélo, une seule parade : s’arrêter et rester immobile. 

         Avoir dans sa poche des gadgets réputés aversifs, peut s’avérer utile, seulement si de tels gadgets renforcent la confiance de l’homme car, testés sur le chien, ils provoquent diverses réactions suivant l’animal dont parfois une augmentation de l’agressivité.